le blog d'althéa
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j'arrive à la fin d'un des chemins, je ne vois pas le bout, voilé par un matin. Je donne à manger à mes lapins, j'en fais des monstres, de terribles monstres.
J'irai donc déterrer mon nom, pour creuser ailleurs demain. J'irai vers le même son, fatiguée, demain.
c'est à ce moment précis que ma mère m'appelle, non elle n'appelle pas, elle gémit, le gémissement m'enveloppe. Ne pas répondre, je ne ressens pas le besoin de gémir à mon tour. Puis elle envoie son armée, de petites flammes calines viennent me chatouiller les pieds. Ne pas répondre, mon père m'offre la paix. Elle hurle mon nom! Je viens de l'enterrer! Maudis soit ma mère! Maudis soit mon père qui refuse de me protéger! Elle se jette sur moi, dans un brasier stérile, se met à me violer, à déchirer ma peau, elle pénètre mes veines et décide de les drainer! Elle aspire mon sang jusqu'à me dessécher, je sens que je vieillis, elle me rajeunit! Ca y est, je suis possédée, je l'aime à en crever, elle me serre dans ses flammes, je suis sauvée. Se lever et marcher, partir à la guerre, telle est ma destinée, perdue dans la paix, le feu comme messager, j'ai perdue mon temps, à fouiller mon passé.
Prendre une pioche, creuser un trou dans de l'argile humide, sentir mes muscles tendre ma peau, un peu de terre sur mes pieds nus. Tourner la tête, la lever vers le soleil, mais non, il fait nuit, elle est là, elle me surveille, un croissant de lune feutré dans des feuilles exigues, elles sifflent la mélodie languissante du vent tiède. Il sèche les restes de sang qui décorent ma peau.
Puis jeter la pioche, au loin, pour ne pas la voir tomber, s'agenouiller, d'un coup, s'affaisser, prendre sa tête dans ses mains, coincer ses doigts dans les mèches enmêlées et se cogner contre la terre, jusqu'à ne plus pouvoir résister.
Hurler, hurler des mots intimes, créés pour exister, des mots sans forme, sans sens, improvisés. Enfin, il est temps de se calmer, il faut se précipiter sur son nom, le maîtriser, quitte à lutter et le jeter, au fond du trou, l'enterrer. Se coucher, les pieds enfoncés dans l'argile humide, fraichement déposée, les yeux ne regardent pas les étoiles, ils sont épuisés. Alors je les ferme et j'écoute mon père siffler, il sait m'apaiser, je suis perdue sans sa paix.
ah, parler d'elle, de cette pute, ma voisine, plus de quarante ans, les cheveux blonds, des yeux bleus, dévorants, translucides mais masqués, froids, je ne sais pas comment elle me regarde, je n'ai observé que ses mains fouillant un paquet de gauloise brune pour me tendre un briquet,
elle aime mes cheveux, "c'est rose et blond, c'est ça?" oui c'est ça, c'est rose et blond et j'espère pouvoir l'embrasser une nuit, connaître son prénom et lui dire qu'elle me fascine, cette pute aux yeux bleux, lui dire qu'elle est belle, que la féminité excessive, tragique, l'enveloppe d'un voile trouble, la "blue eyed whore" de ma rue est la plus belle des femmes que je n'ai jamais vu, sa voix grave et fatiguée est comme la mélodie de mes insomnies, les plus belles femmes sont des putains, je serai donc une putain.
Leur offrir mes seins, comme on aide son enfant à trouver le téton, c'est oublier que l'on porte un nom, une putain n'a pas de nom, une putain c'est de l'abstraction.
Pour donner de mes nouvelles sans passer par le fastudieux hotmail: j'ai fini les travaux, dans la pièce principale, l'unique, c'est rose, trop rose, c'est pas ce que je voulais, je ne voulais pas du rose, c'est coquet, ça m'ennuie, mais c'est moi finalement, moi qui achète de la peinture et qui me retrouve avec une bonbonière, ça n'a rien d'étonnant, et puis c'est beau, c'est ma couleur préférée, les hommes vont detester cette pièce,
j'enménage dans la semaine, mais entre les cours et le taff, je n'arrive pas à trouver une demi journée entière avant samedi, alors j'enménagerai quelques cartons jeudi, je repeindrai mon bureau vendredi après midi si j'ai pu acheter la peinture jeudi, puis j'irai à la radio pour la promo de lady watt vendredi soir et enfin samedi je pourrais peut être dormir chez moi, j'espère....
cela signifie que je ne viendrai plus sur le net, plus rarement du moins, je n'aurais plus d'ordi, pas de télévision, juste ma guitare, enfin, et des tonnes de cours à fabriquer, d'autres à réviser, des livres nuls à lire...ma ratte à caliner, le piano à dompter et des joints à fumer, je vais enfin pouvoir reconstruire, j'ai plus que ça à faire.
on verra, "tomorrow never happens " comme l'a si bien dit janis...
Quelques bons liens! enjoy!